Philosophie d'un engagement

LIBRES PROPOS  d'un ex-candidat

De longue date, je cultive une certaine liberté de pensées, de paroles et d'actions. En d'autres termes, les discours convenus et les commodités du prêt-à-penser me répugnent, et je m'emploie à conserver une plus grande part qu'autrui dans l'initiative de mes actions. Je veux être, le plus possible, acteur de ma propre vie plutôt que consommateur (ce mot commence décidément trop mal) de celle que l'on prétend me vendre.

Cette liberté, je la revendique et j'en assume, dès lors, toutes les conséquences, y compris la responsabilité qui va avec. Responsabilité, par exemple, des propos que moi ou d'autres ont pu tenir sur ce blog. Celui-ci, son succès en témoigne, est apparu comme un espace de liberté d'expression d'autant plus apprécié qu'il faisait défaut ailleurs. Car l'exercice de cette liberté n'est pas chose simple à Grand Fougeray ! Mais je ne développerai pas ce point : évitons la polémique stupide et déplacée et soyons adultes. Nous savons tous ce qu'il en est. Point besoin, donc, pour les uns d'ajouter les exemples aux exemples ni, pour les autres, de faire mine de ne pas savoir, voire de jouer l'indignation.

Si j'évoquais cette culture de la liberté, c'était, en fait, pour souligner que le projet que nous avons porté, à l'occasion de ces élections, était le fruit de la rencontre de gens d'horizons, d'expériences, de compétences et d'obédiences très divers, mais partageant tous le souhait d'être acteurs de leur existence et de construire ensemble un avenir acceptable pour la communauté fulkérienne, confrontée aux nouveaux enjeux de notre monde en mouvement rapide. Des gens capables de poser, ensemble, un diagnostic sur les atouts et les faiblesses de notre commune et de sa population et de concevoir des actions pour atténuer les faiblesses en s'appuyant sur les atouts. Des gens désireux d'améliorer, collectivement, notre cadre de vie sans, pour autant, renoncer à tout ce qui en faisait, jusqu'à présent, le charme. Le plaisir que nous avons pris, et partagé avec nombre d'entre vous, à cette construction commune, c'est, durablement, notre réussite et notre fierté.

Notre échec, c'est de n'avoir pas su partager avec un plus grand nombre encore cette ambition d'un certain avenir pour Grand Fougeray et pour nous tous. Plus qu'intuitivement, j'ai le sentiment que notre commune a manqué là une occasion historique. Et je sais, d'expérience, que l'histoire ne repasse pas les plats. C'est donc un tout autre avenir qui s'offrira à nous, un avenir dont mes amis et moi aurions souhaité préserver la commune. Mais je ne m'attarderai pas non plus sur ce point : tout a déjà été dit, je crois. J'espère très sincèrement que les projets menés par la nouvelle municipalité n'auront pas les effets désastreux que nous avons redoutés. Je crains, toutefois, que la communauté fulkérienne n'y trouve pas vraiment son compte.

Je voudrais, pour finir, dire encore, s'il le faut, que le motif de notre action devant le tribunal n'était évidemment pas une simple erreur technique contestable mais bien une irrégularité suffisante pour jeter un doute sérieux sur la sincérité du scrutin. Face à une telle situation, défendre le respect de la règle dont la violation était susceptible de couvrir une atteinte à la libre expression démocratique était non pas une manoeuvre de procéduriers mais le devoir des hommes et femmes de conviction que nous sommes.


Bernard Bonnafont
Membre de la liste " Une écoute, un projet, une équipe "



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